Histoire de la création de la mairie/école

La question de la mairie ne se pose pas avant la création de la fonction de maire, c'est à dire au moment de la révolution française. Avant celà, la communauté était gérée par des échevins, nommés chaque année par les habitants eux-mêmes (c'est à dire par les chefs de ménage). Pour ce faire, la plupart du temps, c'est dans l'église que les habitants se réunissaient.C’était un lieu pratique, où tous pouvaient tenir sans peine et qu’ils connaissaient bien puisque, de leur naissance à leur mort, il rythmait toutes les grandes étapes de leur vie.

Dans ces conditions, il n’y a rien de surprenant à ce que la première « mairie » soit effectivement l’église. C’est ainsi, par exemple, que, le 14 juillet 1791, le maire Jean Dury, les officiers municipaux François Petit et Jean Pairet, le procureur Antoine Maneveau et le secrétaire Jean Parise s’assemblent avec les notables et les habitants à 2h « dans notre église paroissiale de Granges » pour renouveler le serment civique marquant l’anniversaire de la prise de la Bastille.

Les choses semblent changer un peu plus tard au moment de la déchristianisation de l’an II. Sous le régime de la Terreur, on décide en effet de bannir de la République française la religion catholique. Les églises sont transformées en « temples de la Raison » où les citoyens sont censés aller écouter la lecture des lois votées par la Convention nationale. Si on n’a pas trace de cette transformation à Granges, une chose est certaine, c’est qu’à cette époque, il n’y a plus de prêtre dans la paroisse et que, par conséquent, la municipalité peut se servir librement des bâtiments de la cure, situés à côté de l’église. Dès le 3 pluviôse an II (ce qui, dans le calendrier révolutionnaire, correspondant au 22 janvier 1794), on trouve trace dans les archives municipales de réunions des membres du conseil général de la commune (c'est-à-dire du conseil municipal) « assemblés à la chambre commune dudit lieu ». Quelques semaines plus tard, on note l’intention de la municipalité de louer pour trois ans tous les bâtiments provenant de la cure, « à l’exception de deux chambre aute [hautes] réservé pour le bureau de la municipalité ».

Une situation précaire qui va durer

Après le Premier Empire, il semble que les élus de Granges aient souhaité voir un peu plus grand. En effet, le conseil municipal a confié au dénommé Pernot, entrepreneur des Ponts et Chaussées domicilié à Givry, le soin d’élaborer un projet de construction d’une nouvelle maison commune. En 1818, l’adjudication des travaux est tranchée au profit de Jean-Baptiste Clément, de Buxy, pour 4605,30 francs. Mais, subitement, le 16 janvier 1819, le conseil municipal demande que soit retiré le projet de construction d’une maison commune et que soit plutôt autorisée l’acquisition d’une maison propre au même service qui ne coûterait que 1200 F.

Cette bâtisse est la propriété de Louis Manneveau, fermier domicilié à Buxy ; elle joint les murs de l’enceinte de l’église et présente certains avantages : en effet, à côté de cette maison se trouve un emplacement où l’on pourrait plus tard faire les constructions convenables, « même dans le cas ou la commune de Granges qui est une ancienne paroisse voudroit faire de cette maison un presbytère ». La propriété dont il s’agit consiste en une grande chambre, un cellier, cave, grenier, petite cour, emplacement pour bâtir, le tout enclos de mur. Le 7 février 1820, le préfet de Saône-et-Loire autorise l’acquisition de la maison Maneveau, ce que, le 19 avril suivant, confirme solennellement une ordonnance du roi autorisant la commune de Granges à acquérir dudit sieur Manneveau, pour 1200 F, une maison avec dépendances pour servir à la tenue des séances de la mairie.
Mais les conditions de vie, même administrative, dans une ancienne maison ne semblent pas si commodes que celles qui auraient prévalu dans une construction neuve. Or, une telle situation précaire devait durer des décennies.

La mairie et la question de l’école

On va songer à changer de local avec la volonté d’accueillir une école dans la commune. En février 1855, le conseil municipal de Granges, considérant que « de grands inconvénients connus de tous résultent de la nécessité d’envoyer les enfants à l’école de la commune de Granges à St-Desert éloignée de 4000 mètres », estime qu’il faut bâtir à neuf, ce qui laisse prévoir une dépense de 6000 F, à laquelle la commune pourrait faire face en vendant l’ancienne mairie pour 1000 F, en faisant transporter les matériaux par les habitants (1000 F d’économie), en obtenant un secours de l’Etat de 1000 F et en vendant pendant deux ans les bois d’affouages (3000 F). On apprend au passage que la mairie est alors « établie dans un bâtiment qui appartient à la commune et qui ne contient qu’une grande salle, ce bâtiment ne peut être approprié à une autre destination, motif qui a obligé la commune de Granges après mûr examen à revenir à une construction neuve ». Le village compte alors 300 habitants, ce qui représente une population scolaire théorique de 60 élèves, « mais comme commune complètement rurale, ce nombre n’est guère atteint que pendant l’hiver et le reste de l’année il lui est de beaucoup inférieur » car les enfants sont employés aux travaux agricoles. Le projet, établi par l’architecte chalonnais Félix Narjoux, comprend une salle d’étude au rez-de-chaussée, un préau, une petite salle de dépôt et, au 1re étage, la salle du conseil municipal et le logement de l’instituteur ; sans oublier, de chaque côté, des constructions assorties comprenant la cave, le four, le bûcher, etc. La dépense est finalement estimée à 8800 F.

Ce projet ne verra pas le jour pour des raisons financières, mais, entre temps, on a tout de même trouvé le moyen d’établir une école à Granges, dans la salle de mairie elle-même. Cela dit, très vite, la situation devient intenable ainsi que l’expose au conseil municipal, en juillet 1856, le maire Claude Caton, car il est « impossible de pouvoir conserver plus longtemps un instituteur dans la commune de Granges sans la construction d’une maison d’école (…) la maison où se fait aujourd’hui l’école [sert] encore de mairie. C’est bien gênant de n’avoir dans la commune qu’une seule chambre pour servir de mairie et de maison d’école, principalement dans une école comme la nôtre où il y a les deux sexes ». En effet, la mixité n’est pas censée être déjà de mise en milieu scolaire ! Or, le maire fait observer que la commune ne pourra pas trouver les ressources suffisantes pour la construction d’une maison d’école suivant les plans et devis de Narjoux, même en sacrifiant tout le bois d’affouage et les pâtis communaux, qui sont la seule ressource des habitants pour le pâturage du bétail. A l’unanimité, le conseil rejette donc les projets de construction de la maison d’école et demande qu’il n’y ait pas d’instituteur à Granges.

En 1857, on relève pourtant de nouveau la présence d’un instituteur dans la commune, ce qui rend d’autant plus indispensables les réparations de la mairie-école car, sans cela, on ne pourra pas continuer l’école pendant l’hiver. Il faut refaire l’enduit du mur, réduire les nombreuses gouttières existant dans le toit, renouveler la plus grande partie du pavé de la salle d’étude, ouvrir une croisée pour l’éclairer, changer plusieurs marches de l’escalier qui ont gelé, remplacer la porte de la cour, redresser les murs de la cour en plusieurs endroits et enduire le mur sur toute sa longueur. Finalement, faut de mieux, on fera quelques menus travaux et la situation, toujours précaire, subsistera plusieurs années encore.

Il est grand temps d’agir…

Alors qu’en 1865, le conseil municipal de Granges, ayant constaté que les lieux d’aisance de la maison commune n’avaient qu’un cabinet où se rendaient les enfants des deux sexes et l’instituteur, a décidé d’en faire construire d’autres, avec deux cabinets, l’un pour les garçons, l’autre pour les filles, il semble que l’on recommence à songer sérieusement à un nouveau bâtiment pour la mairie et l’école à compter de 1868.

Un nouveau projet de maison d’école, dû à Giroud, architecte à Mâcon, est à l’ordre du jour en avril 1869. Mais le dossier piétine et il faut attendre mars 1871, pour que le conseil municipal vote des travaux pour l’agrandissement de la maison d’école de Granges. Rien ne se passe pourtant, ce qui n’arrange pas l’état général du bâtiment.

Dans un village qui compte 325 habitants, la population écolière potentielle (de 5 à 13 ans) est de 58 enfants, le nombre d’enfants fréquentant réellement l’école étant de 45 inscrits et de 41 présents au maximum. Or, la situation topographique de Granges est telle que l’emplacement de la maison d’école est un obstacle à la facile fréquentation de l’école : « la plupart de ses hameaux sont séparés de la maison d’école par trois, par quatre, par cinq kilomètres même. La plus grande partie de la population se trouve placée à l’extrémité opposée à celle où se trouve l’ancien emplacement. D’autre part, le local servant actuellement de maison d’école est l’un des plus défectueux, des plus insuffisants et des plus insalubres qu’il soit possible de rencontrer. La salle de classe située à un niveau moins élevée que le sol, éclairée d’un seul côté, humide, n’ayant que deux mètres de hauteur, et 28 mètres carrés de superficie, était l’objet, ainsi que le logement de l’instituteur de réclamations incessantes. La première délibération du conseil municipal à ce sujet, remontant à 1868, prouve que depuis longtemps, la commune était mise en demeure de fournir un autre local. Le besoin d’une autre construction est donc un besoin absolu », estime-t-on en 1874…

On ne saurait être plus clair. Mais alors que les choses semblent prendre un tour plus favorable à la construction d’une nouvelle mairie-école, c’est la division qui va saisir la population lorsqu’il s’agira de déterminer l’endroit où élever la nouvelle construction.
Le projet de construire une mairie-école, mais aussi une église et une cure, « dans le lieu le plus central de la commune et de la population » remontait au Second Empire. Les plans en avaient été dressés en 1868, mais les dépenses occasionnées par la guerre de 1870 avaient contraint les élus de Granges à en abandonner l’idée pour se contenter d’aménager l’existant, au bourg de Granges.

Les choses devaient pourtant bouger au début des années 1870. Le 6 avril 1873, le conseil municipal de Granges approuvait ainsi les plans des terrains à acquérir pour construire une maison d’école au lieudit Aux Arènes, à l’intersection du chemin d’intérêt commun n°4 de Givry à Sennecey-le-Grand et du chemin vicinal n°6 de Rosey (la route de la Boudoire). Il s’agissait d’acquérir deux parcelles appartenant respectivement à Louis Pigneret et Louis Berthenet.

Un élément devait pourtant perturber le dossier. M. de Chardonnet, propriétaire à Chalon, à Saint-Désert et à Granges (il était le descendant du dernier seigneur de Granges), proposa en effet cette même année 1873 d’offrir à la commune un terrain proche du bourg de Granges pour y bâtir la nouvelle maison d’école et de donner de surcroît une somme de 1 000 F. Consulté sur cette question, le conseil municipal n’en maintint pas moins sa position initiale : l’emplacement de l’école entre le bourg et le hameau des Curles.

Le débat, pourtant, était réel entre les deux options. L’emplacement du bourg présentait en effet quelques avantages : il était proche de l’église et certains pensaient que, quoi qu’il puisse advenir, les familles habitant le hameau des Ponts continueraient d’envoyer de préférence leurs enfants à l’école de Saint-Germain-lès-Buxy ; qui plus est, l’emplacement proposé par le maire souffrait d’un certain isolement, un peu perdu au milieu de nulle part, même s’il présentait l’avantage de chercher un équilibre en terme de distance entre le bourg et les deux principaux hameaux des Ponts et des Curles.

De fait, les habitants du bourg souhaitaient ne pas s’en laisser conter et avaient émis une protestation contre le transfert de l’école en un autre lieu. On alla d’ailleurs jusqu’à prétendre que la nouvelle mairie-école qu’on voulait bâtir non loin des Curles avait surtout pour avantage de se trouver proche de la maison de… M. le maire !

Malgré l’avis défavorable d’une partie de l’administration, l’option municipale emporta pourtant le morceau et, en mai 1875, Lacroix fils, maître maçon à Buxy, et Latour, entrepreneur de la même commune, décrochaient le marché de construction de la mairie-école pour la somme de 10 000 F.

Malgré quelque augmentation nécessaire dans le devis (lequel remontait tout de même à 1868), les travaux allèrent bon train et, en juillet 1876, on pouvait considérer qu’ils étaient entièrement achevés.

Dans la foulée, on s’occupa d’acheter du matériel scolaire et de clôturer le terrain réservé à l’école (en veillant à séparer la cour des filles de celles des garçons). L’école étant en plein champ, on craignait notamment « les bestiaux qui, en entrant, pourraient causer des accidents ou détruire les plantations de l’instituteur » ! Plus tard encore, on construisit également un puits et un préau couvert avec fournil.

Et, à la mi-août 1876, les élèves de Granges purent prendre possession de ce lieu flambant neuf. Cela dit, la dépense ayant été forte, voire au-dessus des moyens habituels de la commune, celle-ci fut obligée de recourir exceptionnellement à l’emprunt en 1877.

Et c’est ainsi que Granges se dota de la mairie-école que la commune possède encore aujourd’hui. Un bâtiment qui, avec les constructions récentes se rapprochant de lui, est de moins en moins en plein champ !

 

Depuis fin décembre 2001, la mairie est installée dans les locaux de l’ancienne école et de l’ancienne mairie réhabilités de manière fonctionnelle.

Une rampe d’accès permet l’entrée des personnes handicapées. L’intérieur a été réaménagé de façon moderne et claire.

D’autre part, l’installation de chauffage a été refaite, ce bâtiment est maintenant raccordé au gaz naturel.

Les nouvelles installations se répartissent comme suit :

- une salle de 50 m2 destinée au Conseil Municipal et au Secrétariat de mairie avec accueil du public,
- un bureau d’environ 20 m2 réservé à Monsieur le Maire pour recevoir, de manière indépendante, tous ses interlocuteurs (citoyens, intervenants, associations….),
- une salle d’archives de 12 m2.

En 2011 la réhabilitation du 1er étage de la mairie est effectuée, 3 salles de réunions sont créées ainsi qu'une salle archive.

 

R.P.I. (REGROUPEMENT PEDAGOGIQUE INTERCOMMUNAL)

Créé en 1995, pour éviter une suppression de classe, le RPI a été créé entre :
Granges, recevant actuellement les petites et moyenne sections de maternelle
Saint Germain Lès Buxy où sont accueillis la grande section maternelle et le CP
La Charmée, accueillant les cours élémentaires et moyens

A la rentrée de septembre 2003, le RPI s'est agrandi en intégrant Saint Germain Lès Buxy. Depuis, les effectifs sont toujours grandissants. En effet, dans les trois communes composant le RPI de nombreuses constructions amènent plus d’enfants . Il était temps de réagir et le village de Saint Germain les Buxy a décidé de construire une nouvelle salle pour accueillir une deuxième classe. Avec cette construction, et pour une sécurité maximale, un parking a été aménagé, permettant l’accès à l’école sans avoir à traverser la route.

A la rentrée de septembre 2008, 178 élèves ont faits leur rentrée dans le RPI, sous la direction de Denis PERNIN dont 52 à Granges. Le ramassage scolaire est assuré par autocar matin et soir pour les 3 écoles. Une garderie périscolaire et un restaurant scolaire fonctionnent sur les 3 sites.

 

 Les effectifs de l'école maternelle étant nettement en hausse ces dernières années, il n'est plus possible d'accueillir les enfants de deux ans.